Reconnaître une arnaque au faux support technique
C’est aujourd’hui le premier préjudice réel chez les particuliers. Le mécanisme est toujours le même, et il se repère en dix secondes quand on le connaît.
Si vous lisez ceci parce qu’une fenêtre bloque votre écran en ce moment : n’appelez pas le numéro affiché. Fermez la fenêtre. Si elle refuse de se fermer, éteignez l’ordinateur par le bouton d’alimentation (appui long) et rallumez-le. Votre ordinateur n’a rien.
Ce n’est pas une arnaque qui vise les gens naïfs. Elle vise des gens pressés, inquiets, ou seuls face à un écran qui hurle. J’ai vu des ingénieurs se faire avoir. Le mécanisme est toujours rigoureusement le même — et c’est justement ce qui permet de le reconnaître.
Comment ça se passe, étape par étape
- Une page prend tout l’écran. Logo d’un éditeur connu, alarme sonore parfois, compte à rebours, message du type « Vos données sont en danger, appelez immédiatement le… ».
- Elle empêche de partir. La fenêtre se remet au premier plan, une boîte de dialogue revient sans arrêt. C’est du code de page web, rien de plus — mais l’effet de panique est réel.
- Vous appelez. Au bout du fil, quelqu’un de calme et rassurant, qui parle français, qui a l’air compétent.
- On vous fait installer un outil de prise en main à distance. C’est le moment décisif. À partir de là, la personne voit et contrôle votre ordinateur.
- On simule un diagnostic impressionnant. Ouverture de l’observateur d’événements Windows, plein de lignes rouges et jaunes — parfaitement normales sur toutes les machines du monde — présentées comme la preuve d’une infection.
- On facture. Quelques centaines d’euros pour un « nettoyage » ou un « abonnement de protection ». Et parfois bien pire : accès à la banque en ligne pendant que vous êtes connecté.
Les cinq signaux qui ne trompent jamais
- Un numéro de téléphone affiché par une alerte. Aucun éditeur de logiciel — ni Microsoft, ni Apple, ni votre antivirus — n’affiche de numéro à appeler. Aucun. C’est à soi seul la preuve de l’arnaque.
- L’urgence. Compte à rebours, « agissez maintenant », menace de blocage. Un vrai problème technique n’a jamais de chronomètre.
- Une alerte qui vient du navigateur. Si le message apparaît dans une fenêtre de navigation, avec une barre d’adresse quelque part, c’est une page web — pas votre ordinateur qui parle.
- On vous demande d’installer quelque chose pour vous aider. Une prise en main à distance légitime part toujours de votre appel, à un numéro que vous avez choisi.
- On vous demande une carte cadeau ou un virement. Aucune entreprise réelle ne se fait payer en cartes prépayées.
Ce que ces gens ne peuvent pas savoir
Une page web ne peut pas analyser votre ordinateur. Elle sait uniquement ce que tout site sait : votre système, votre navigateur, votre adresse IP approximative. C’est pour ça que les messages sont toujours vagues — « votre PC est infecté par 3 virus » — et jamais précis. Un vrai diagnostic nomme un fichier, un service, une erreur.
Si vous avez déjà appelé et laissé quelqu’un prendre la main
C’est sérieux, mais ça se répare. Dans l’ordre, et rapidement :
- Coupez Internet sur cette machine (débranchez le câble ou désactivez le Wi-Fi).
- Appelez votre banque si vous avez communiqué des coordonnées bancaires ou si un paiement a été fait. Faites opposition : c’est l’urgence numéro un.
- Changez vos mots de passe depuis un autre appareil — téléphone, ordinateur d’un proche. Commencez par votre boîte mail : c’est la clé de tous vos autres comptes.
- Faites vérifier la machine. Il faut s’assurer qu’aucun accès à distance ne subsiste et qu’aucune tâche planifiée n’a été laissée derrière.
- Signalez. Vous pouvez déposer plainte, et signaler sur la plateforme officielle du gouvernement dédiée aux escroqueries en ligne.
Le nettoyage et la sécurisation des comptes se font souvent à distance en une séance (39 € pour 30 minutes). Le détail est sur la page virus et piratage à Nice.
La règle à retenir, et à transmettre
N’acceptez jamais une prise en main à distance que vous n’avez pas provoquée vous-même. Si c’est vous qui appelez un professionnel dont vous avez choisi le numéro, sur un site qui affiche son adresse et son SIRET, vous êtes du bon côté. Si c’est un écran ou un appel entrant qui vous demande d’installer quelque chose, c’est non — toujours.
C’est une phrase qui mérite d’être répétée à ses parents et à ses grands-parents. Sur les interventions d’assistance informatique aux seniors à Nice, c’est systématiquement le point que je prends le temps d’expliquer : il évite plus de dégâts que n’importe quel antivirus.
Et en cas de doute sur un message : photographiez-le et envoyez-le-moi sur WhatsApp. Vous répondre « c’est faux, supprimez » ne coûte rien et prend trente secondes.
Si le mal est fait
La sécurisation des comptes se fait à distance, immédiatement. Grille complète →
Décrivez ce qui s’est passé : je vous dis si c’est grave et quoi faire en premier.